Grand Paris

"Une colonne vertébrale renforcée par la réalisation de projets"

Guillaume Pasquier
13 décembre 2017

A près de dix ans d’intervalle, les concepteurs de la ville ont été sollicités deux fois pour contribuer à la réflexion sur le Grand Paris. En 2017 comme en 2008, architectes, urbanistes, bureaux d’études, constructeurs ont ajouté à leur charge habituelle une somme exceptionnelle de travaux pour imaginer la métropole du 21ème siècle.

D’une consultation à l’autre

En 2008, la consultation internationale le Grand Pari(s), pilotée par le ministère de la Culture, avait marqué le lancement d’une réflexion sur le Grand Paris, qui se poursuit encore aujourd’hui. Le travail de dix équipes de concepteurs internationaux avait débouché sur une exposition à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, dont le succès populaire démontrait alors l’intérêt que le public portait spontanément à l’idée de mettre en oeuvre un projet d’aménagement et de transformation de la région parisienne.
En 2017, l’appel à projets Inventons la Métropole du Grand Paris a mobilisé pendant six mois sur 57 sites emblématiques, plus de 150 groupements de concepteurs, de promoteurs, d’utilisateurs, d’investisseurs, d’apporteurs de solutions innovantes pour la construction et la gestion de la ville… Cette opération, « le plus grand concours d’architecture d’Europe » selon les mots du président de la Métropole, a franchi une étape importante fin octobre avec la désignation de groupements lauréats pour 51 des sites concernés. L’ampleur de l’opération se comprend aisément grâce à quelques chiffres. Au total, ce sont plus de deux millions de mètres carrés de logements, bureaux, commerces, équipements publics et privés… que les lauréats prévoient de construire dans les quartiers  qu’ils ont gagné le droit de concevoir. L’investissement privé total attendu s’élève à près de 7 milliards d’euros. A propos du Grand Pari(s) de 2008, aucune réalisation concrète n’en est directement issue. Et au-delà d’un petit cercle d’initiés, rares sont ceux qui se souviennent des idées agitées par le concours qui avaient ensuite nourri les débats. A l’exception, peut-être, de la plus importante, la démonstration que le Grand Paris était la bonne échelle pour relever les défis qui se posent à la métropole parisienne au 21ème siècle. C’est un acquis essentiel.
Les projets lauréats de l’appel à projets Inventons la Métropole du Grand Paris, vue la taille des sites concernés, seront inévitablement amendés, ajustés, enrichis par les échanges entre les porteurs de projets et les élus locaux, mais il est indispensable qu’ils se traduisent par des transformations urbaines concrètes. Il  y a tout lieu d’être optimiste et convaincu que c’est bien ce qu’il va se passer.

Une colonne vertébrale pour le Grand Paris

Car au cours des dix années qui séparent le Grand Pari(s) d’Inventons la Métropole, le Grand Paris s’est doté d’une colonne vertébrale, un projet d’infrastructure comme il en existe un par siècle, qui rend possibles et crédibles tant d’autres projets. Un peu d’histoire. Quelques mois après le lancement de l’opération Grand Pari(s) est créé un nouveau secrétariat d’Etat au Développement de la Région Capitale, dont la responsabilité est confiée à Christian Blanc. S’en suit un développement en trois temps. Une petite administration de mission est créée (phénomène suffisamment rare pour être souligné, elle n’existe plus aujourd’hui). Pendant un an, elle accompagne le ministre pour mener d’innombrables consultations et pour réaliser les études préliminaires visant à doter la région parisienne d’une nouvelle génération de transports publics. La carte du projet de métro du Grand Paris est rendue publique au printemps 2009, en même temps que les résultats des travaux des dix équipes du « Grand Pari(s) ». Fin du premier temps. L’année suivante est largement consacrée aux démarches visant à créer les conditions de la réalisation de ce nouveau métro. Le deuxième temps s’achève en juin 2010 par le vote de la loi relative au Grand Paris qui crée la Société du Grand Paris, nouvel établissement chargé notamment de la maîtrise d’ouvrage du projet de nouveau métro. Vient ensuite le temps du débat public, le plus important jamais organisé en France, par le nombre de réunions publiques et de contributions de tous types. En janvier 2011, ce débat est conclu par un accord entre l’Etat et le Conseil Régional d’Ile-de-France, qui permet de stabiliser un tracé enrichi d’une nouvelle ligne, celle qui dessert la petite couronne dans le quart Nord-Est du Grand Paris. Fin du troisième temps.

Retrouvez l’intégralité de l’article de Guillaume Pasquier, Directeur du développement des Foncières de La Française

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