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L'approfondissement sociétal s'impose naturellement dans la nouvelle économie digitale...

31 janvier 2018

Comment éviter Jeremy Rifkin, l’homme de « La Troisième Révolution Industrielle », le chantre de l’énergie décentralisée, économiste et essayiste influent, lorsqu’il explicite dans son dernier ouvrage « La nouvelle Société du Coût marginal Zéro » le grand changement de paradigme que constitue l’émergence de l’économie sociale et solidaire à côté de l’économie capitaliste.

L’originalité de la réflexion n’est pas tant de se raccrocher à un voeu pieux d’empathie généralisée comme fondement du lien social, laquelle favoriserait un tiers-secteur non marchand susceptible d’employer les laissés pour compte de l’économie de la connaissance, mais de décortiquer le processus économique sous-tendant ce changement.

Son argumentaire repose sur les travaux des marginalistes autrichiens, tels que Friedrich Hayek, mais aussi sur les travaux de Frédéric Bastiat : en économie capitaliste de marché le profit se fait à la marge, que se passe-t-il donc si les coûts marginaux de production s’effondrent et tendent vers zéro ? Cette question est née de l’observation que la digitalisation permet la production et la distribution de nombreux biens et services à coût marginal quasi-nul dans de nombreux domaines qui relèvent de l’économie de la connaissance : édition, communication, divertissement, entre autres. L’Internet des objets ne fera que renforcer cette tendance. Sachant qu’à long terme le prix est égal au coût marginal, les profits disparaissent et les salaires par la même occasion. Et pourtant la demande de ces biens et services ne fait que croître, alors comment les produire ? Par les « communaux collaboratifs » répond Jeremy Rifkin, ceux ci sont des organisations qui regroupent des ressources communes et les utilisent collectivement en dehors de l’économie de marché. Utopie ? Peut-être mais des millions de ces communaux existent déjà : associations, fondations, clubs, coopératives, collectivités de toute sorte, qui sont finalement le pendant des Gafa, ces géants supranationaux de l’Internet, et se nourrissent du même terreau : la digitalisation. L’originalité de la réflexion n’est pas tant de se raccrocher à un voeu pieux d’empathie généralisée comme fondement du lien social, laquelle favoriserait un tiers-secteur non marchand susceptible d’employer les laissés pour compte de l’économie de la connaissance, mais de décortiquer le processus économique sous-tendant ce changement.

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