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Comment adapter le secteur immobilier à un monde à +2° voire +4° C ?

16 décembre 2019

L’OID (Observatoire de l’Immobilier Durable) a abordé ce sujet dans le cadre de la 11e conférence du cycle Immobilier & Prospectives qui s’est tenue au siège de La Française en partenariat avec le Plan Bâtiment Durable et la ville de Paris.

La conférence a été introduite par Laurent JACQUIER-LAFORGE, Global head of Sustainable Investing – La Française, et animée par  Gérard DEGLI ESPOSTI, Directeur ISR Immobilier et Président de l’OID.

La première partie a vu intervenir Catherine LARRERE, Philosophe et professeure émérite – Université de Paris-La Sorbonne, qui a abordé ce sujet complexe sous l’angle de l’éthique environnementale, en citant un extrait de L’Esprit des Lois de Montesquieu (1689-1755).

Cette prise de recul nous permet de recadrer la question du rapport entre homme et nature. Catherine Larrere nous invite à y réfléchir. Aujourd’hui, le système Terre dans son ensemble est affecté par les sociétés industrielles parce que les ouvrages des hommes survivent aux hommes (Henning Mankell). Le changement climatique est au fond le résultat, non pas de ce que nous avons voulu, mais de ce que à quoi nous n’avons pas pensé !

La période durant laquelle l’homme a façonné très fortement la nature (anthropocène) aura des conséquences qui se produiront bien au-delà de l’extinction de l’humanité (ex : les déchets radioactifs, le changement climatique, l’érosion de la biodiversité etc.).

Habiter la terre autrement

Il ne suffit pas de savoir quoi faire mais de savoir comment faire, et en cela, le travailn philosophique peut être utile. Notre attitude a été longtemps de conquérir, dominer discipliner la nature dans une posture de pouvoir, d’exploitation, de destruction… mais faut-il pour autant totalement tourner le dos au passé ? Comment alors inclure la nature dans la moralité ?

Notre existence est confrontée à des temps courts (le temps humain, de l’économie, de la politique) et les temps longs de la nature.

La bonne durée est celle qui correspond à la fois à une durée humaine et à une durée naturelle ; et la bonne posture est de considérer l’homme comme partie de la nature, en cessant de parler de l’homme ET de la nature.

Il ne suffit pas de parler de nature avec respect, puisque les ouvrage des hommes s’imbriquent dans la nature et survivent aux hommes. La question est : quelle signature laissons-nous ?

L’éthique de la nature n’est pas séparée de l’éthique des hommes. Alors qu’il existe, du fait de son action, une vulnérabilité de l’Homme face à la nature, il devient nécessaire d’engager un rapport plus moral à la nature en développant les éthiques environnementales du soi et de l’attention : habiter la Terre autrement.

Cette introduction philosophique s’est poursuivie par une table ronde à laquelle participaient Jérôme DUVERNOY, (ONERC), Jérôme GATIER, (Plan Bâtiment Durable) et Stéphanie CHEVALLIER, (Nexity).

Le bilan des perspectives climatiques dressé par Jérôme DUVERNOY, +1,5°C en France depuis 1900, 50 % des forêts métropolitaines soumises à un risque élevé d’incendie en 2050, une sécheresse estimée en 2050 à un manque de 3Mds de m3 (d’eau ?), s’est poursuivi par la présentation d’un projet d’aménagement de ville innovant par la prise en compte de la nature et par des témoignages de bonnes pratiques.

Davantage tournée vers la modélisation climatique et les solutions d’adaptation, la seconde partie de la conférence a permis de mesurer les évolutions passées du climat, les tendances à venir, et la manière dont elles s’appliquent d’ores et déjà à la construction des bâtiments.

Retrouvez les vidéos de la conférence sur la chaîne YouTube de l’OID.

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