ISR

Et si cette fois-ci c'était la bonne ?

Perrine Dutronc
21 août 2017

Dans un contexte parfois difficile pour la gestion d’actifs, les fonds responsables continuent de collecter en ce début d’année 2017 comme ils l’ont fait en 2016 : en France par exemple la gestion d’actifs hors monétaire a connu une décollecte de 3,9Mds€ en 2016 pour une collecte de plus de 7Mds€ pour les fonds responsables. Autre bonne nouvelle, les fonds obligataires responsables commencent eux aussi à attirer des investisseurs dans une profondeur de marché bien plus grande que les traditionnels fonds actions.

Voilà des années que les observateurs attendaient l’envol du phénix ‘ISR’ (Investissement Socialement Responsable). Aujourd’hui un certain nombre d’éléments favorisent cet essor et le point d’inflexion attendu depuis des années est peut-être enfin à portée de main.

Le déclic qui rend le décollage possible c’est bien sûr le changement climatique, objet de tant d’attention et star médiatique depuis 2015 et la conférence de Paris sur le climat. Ce thème aura permis d’éveiller deux acteurs, la finance et les citoyens, dont la rencontre donnera peut-être lieu à l’étincelle nécessaire. C’est en effet un des grands succès de la COP21, au-delà de la signature d’un accord par les 195 Etats, que d’avoir su entraîner des acteurs non étatiques dans son sillage et d’avoir ainsi favorisé une responsabilisation de la société civile et du secteur financier.

La finance a pris conscience qu’elle avait un rôle non négligeable à jouer et elle s’est emparée du sujet, bien aidée en cela par quelques prises de positions fortes et symboliques : engagement de gros fonds de pensions dans des initiatives volontaires de réduction de leur empreinte carbone, saisie par le G20 et le Conseil de Stabilité Financière (FSB) d’un côté ou le législateur français de l’autre, du sujet de la finance climatique. Car la finance climatique devient une réalité : ainsi les recommandations du groupe de travail sur la transparence climatique (TCFD) mis en place par le FSB seront finalisées en juin 2017 et présentées aux membres du G20 en juillet à Berlin. Même sans force de loi, ces recommandations portées par le FSB pourraient avoir une influence certaine sur l’ensemble des investisseurs finaux, qui par leur position au sommet de la chaîne de décision sont en capacité d’influencer les entreprises dans lesquelles ils investissent. De même en France, l’article 173 de la Loi de Transition Energétique demande dans une logique « comply or explain » aux investisseurs quelle est leur appréciation des risques E, S & G et climatiques et, s’ils estiment qu’ils existent, comment les prendre en compte.

Mais les citoyens ont également commencé à comprendre que les problèmes ne venaient pas nécessairement d’une finance désincarnée endossant le rôle du méchant puisque la finance c’est d’abord et avant tout eux-mêmes et dans tous les cas leur argent : épargne directe, retraite, prévoyance, assurance-vie, mutuelle, bref leur responsabilité et leurs décisions. Certes le lien n’est pas encore très clair pour tous, mais peu à peu il s’établit et se revendique.

Et si donc la prise de conscience venant d’un côté, l’offre (financière), comme de l’autre, la demande (citoyenne), finissait par provoquer une rencontre ?

L’autre point notable c’est le désir de lien tangible entre l’investissement et son impact. Que finance-t-on et surtout quel est l’impact de ce que nous finançons ? C’est la grande question à laquelle l’ISR a, pendant des années, peiné à répondre faute de données fiables et comparables et au prix d’un message peu clair et brouillé à destination des investisseurs : la promesse que grâce à leur investissement quelque chose irait mieux sans pour autant sacrifier le rendement, voire en l’améliorant. Et pour faire vivre ce « quelque chose », des illustrations sous forme d’histoires particulières d’une entreprise ou deux. Des histoires qui sont nécessaires car elles permettent d’incarner des investissements et de comprendre le choix d’investir par exemple dans Unilever plutôt que dans Tesco. Mais promesses et histoires doivent également se concrétiser en indicateurs tangibles, réducteurs forcément, mais parlant. A ce titre, les fonds responsables ont profité du travail nécessaire sur le changement climatique et de la réflexion sur l’impact en termes d’émissions de CO2 et de compatibilité avec un scénario 2° pour s’interroger plus avant sur d’autres indicateurs d’impact. Le travail à accomplir reste immense mais le chantier est ouvert et c’est déjà un grand pas. Incarner la finance, en mesurer les impacts, voilà qui aidera les administrateurs des investisseurs institutionnels comme les particuliers à se réapproprier leurs choix en matière d’investissements pour concilier –et c’est la mission même de l’investissement responsable- la performance financière et l’impact environnemental et social.

Il semble que les conditions nécessaires soient désormais en place pour l’envol des fonds responsables. Seront-elles suffisantes ?

 

Avertissement :
Document promotionnel à destination des investisseurs professionnels. Les informations contenues dans cette présentation ne constituent en aucun cas une offre ou une sollicitation d’investir, ni un conseil en investissement ou une recommandation sur des investissements spécifiques. Les opinions exprimées par La Française se fondent sur les conditions de marché actuelles et sont susceptibles d’être modifiées sans avertissement. Ces opinions peuvent diverger de celles d’autres professionnels de l’investissement. Document publié par La Française AM Finance Services, siège social 128, boulevard Raspail, 75006 Paris, France, agréée par l’Autorité de Contrôle Prudentiel en qualité de prestataire de services d’investissement sous le numéro 18673 X, société affiliée de La Française.

ISR