Perspectives

Perspectives et convictions valeurs mobilières de La Française

Pascale Auclair
05 janvier 2017

Pascale Auclair partage ses perspectives économiques et ses convictions en termes d’investissements pour l’année 2017. Elle revient sur les différents facteurs politiques et économiques qui impactent les marchés et aborde la reprise de la croissance des bénéfices en 2017, ou encore la mise en avant de la zone euro en tant que principal levier de performance.

Malgré des perspectives de croissance 2017 plutôt positives, il convient de garder à l’esprit certains points de vigilance : les tentations protectionnistes du président Trump et les difficultés budgétaires de mise en œuvre de son programme, les échéances électorales européennes ou encore les conséquences du Brexit.

Pour autant, la croissance mondiale semble connaitre une accélération, modeste à ce stade, mais soutenue par des signaux positifs convergents :

  • Une amélioration des indicateurs macroéconomiques,
  • Une reprise sensible des anticipations d’inflation ;
  • Une hausse des taux.

Ainsi, l’expansion aux Etats-Unis s’accélère, toujours tirée par la consommation interne tandis que la Chine montre à la fois une maitrise du ralentissement de sa croissance et un véritable rééquilibrage entre exportations et consommation au sein de son économie.

La zone euro reste sous la menace d’un évènement électoral négatif mais connaît des signes d’amélioration tangible. La poursuite de la baisse du taux de chômage constituera un facteur de soutien important pour les revenus des ménages, assurant ainsi un socle de croissance par la consommation. Enfin, le Royaume-Uni est à ce jour étonnement résilient à la perspective du Brexit.

Au regard de ces éléments, quelles sont vos convictions sur les taux pour 2017 ?

La Réserve Fédérale américaine est venue, le mois dernier, conforter ces attentes positives avec un rythme de normalisation des taux monétaires prévu en accélération à partir de 2017.
La BCE, quant à elle, a annoncé un tournant majeur de sa politique monétaire. La réduction, certes prudente, du montant de ses achats d’actifs est un premier pas dans l’inflexion de son programme de Quantitative Easing qui devrait diminuer progressivement au cours des deux prochaines années.

Notre scénario central est donc celui d’une trame de fonds de légère remontée des taux d’Etat.
En effet, la croissance, l’inflation et les politiques monétaires restent des déterminants obligataires majeurs qui seront globalement négatifs en 2017. Nos convictions nous conduisent ainsi à rester peu exposés en duration sur les taux d’Etat aux Etats-Unis et en Europe.
Pour autant, il existe des segments obligataires qui présentent des profils intéressants. Notre préférence 2017 s’oriente vers les obligations indexées sur inflation et sur les classes obligataires à portage élevé qui devraient continuer de profiter d’un environnement de taux toujours bas, notamment en Europe.
Notre prudence sur les taux d’Etat et nos convictions sur une accélération de l’inflation, nous font préférer une exposition obligataire via des titres indexés sur l’inflation.
Nous continuons également de privilégier les classes d’actif à rendement élevé telles que les obligations souveraines émergentes, le marché du High Yield, et les dettes subordonnées financières.
Les primes de risque de nombreux pays émergents paraissent intéressantes pour l’année 2017 et si le marché du High yield a livré en 2016 des performances très satisfaisantes, nous pensons qu’il reste du potentiel sur ce marché sur lequel la demande ne se dément pas.
Le marché des titres subordonnés et notamment des subordonnées bancaires reste une de nos recommandations fortes. La classe d’actif offre des rendements encore attrayants et la possibilité de délivrer une performance intéressante même dans un contexte de remontée graduelle des taux d’intérêt. Le secteur bancaire européen a été fortement pénalisé en 2016. La courbe des taux très écrasée ainsi que la régulation contraignante ont fait naitre de profondes inquiétudes sur la rentabilité et même sur la viabilité du secteur. Ces deux facteurs vont moins peser en 2017.

Les marchés actions vont-ils poursuivre leur rallye récent ?

La croissance reprend avec des perspectives positives, l’inflation et les taux d’intérêt se normalisent et il y a beaucoup de place chez les investisseurs pour une réallocation d’actifs en faveur des actions. Bien que la hausse récente des cours intègre une belle histoire de reprise, réduisant la marge d’erreur, nous pensons que la reprise de la croissance des bénéfices en 2017 devrait s’accélérer et supporter une performance positive des marchés actions, en particulier européens.
Après la publication des résultats du 3ème trimestre 2016, le consensus pour 2017 est revu en hausse aboutissant à des attentes de progressions bénéficiaires autour de 12%. Selon nous, cette anticipation d’amélioration des profits des entreprises est essentielle à une poursuite du mouvement de hausse récent.
En effet, la combinaison d’une progression des indices boursiers ces dernières années et de résultats en baisse dans la plupart des zones géographiques, a tendu les niveaux de valorisation. Les bénéfices sont de fait stables ou en baisse ces derniers trimestres aux Etats Unis et depuis 6 ans en Europe. Un retour à la croissance marquerait un point d’inflexion essentiel dans cette tendance déprimée.
Nous constatons également que la corrélation actions / taux est repassée fortement négative depuis quelques mois. Cette configuration milite pour une anticipation de reprise d’activité et une amélioration des bénéfices.
Ce mouvement boursier s’accompagne d’effets sectoriels marqués avec un mouvement de rotation en faveur des valeurs cycliques, au détriment des valeurs défensives et de rendement. Les matières premières, les financières et le pétrole sont les industries qui enregistrent les plus fortes augmentations des attentes de croissance bénéficiaire alors que la consommation, les télécoms et la santé continuent d’enregistrer de légères révisions en baisse.

Notre allocation géographique privilégie la zone euro car elle est selon nous, la zone qui offre le plus fort levier de performance lié à une accélération de la croissance mondiale et parce qu’elle est la plus favorablement impactée par un dollar américain en hausse. Elle est peu représentée dans les portefeuilles institutionnels mondiaux et offre en outre un net retard de performance. Les raisons de cette sous performance tiennent largement à un calendrier politique 2017 chargé et incertain ainsi qu’aux incertitudes qui persistent sur le système bancaire, notamment italien. Chaque incertitude levée au cours de cette année pourra être l’occasion de renforcer ses positions.
Nous sommes, à moyen terme, plus circonspects à l’égard du marché américain en raison de sa valorisation et sommes prudents à court terme sur les marchés actions émergents, en raison de la force du dollar.

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