Carbon Impact

Au-delà de l’aspect réglementaire, le changement climatique devient un enjeu d’entreprise

21 mars 2018

La réduction des émissions de carbone se traduit-elle par une surperformance financière ?

Selon Arthur Fonck, gérant actions à La Française Inflection Point, les investisseurs sont de plus en plus nombreux à reconnaître que les entreprises qui appliquent des politiques internes pour faire face au changement climatique et réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre, améliorent leur positionnement stratégique, et cela commence à se ressentir au niveau de leurs performances financières.
À partir d’un univers composé d’entreprises mondiales, nous avons adopté une approche portefeuille pour analyser l’impact des indicateurs de l’empreinte carbone sur les performances financières de sociétés. Nous avons construit des portefeuilles modèles neutres sans biais sur le plan sectoriel et géographique, comprenant des entreprises avec une empreinte carbone allant de la plus faible à la plus élevée et les résultats des back tests ont démontré que les entreprises obtenant les meilleurs résultats en matière d’émissions de carbone ont historiquement surperformé. Les taux de rendement absolus et corrigés du risque, reflètent une surperformance annualisée1 de 2,3 % et un ratio de Sharpe de 1,2 depuis 2014. Il est encore plus frappant de constater que cette corrélation s’est accrue au cours des deux dernières années ; un nombre croissant d’investisseurs et d’entreprises considèrent que les émissions de carbone représentent aujourd’hui un enjeu stratégique (source : Étude La Française Inflection Point ; période considérée : trois ans à compter de 2014).

Comment expliquer ce résultat ?

Au-delà de l’aspect réglementaire, le changement climatique devient un enjeu d’entreprise ; certaines entreprises prennent désormais des initiatives pour atténuer les risques liés au changement climatique en prenant en compte le coût des émissions de carbone. De même qu’une entreprise aux capacités sous-utilisées est considérée improductive, les émissions excédentaires sont désormais jugées contreproductives au niveau opérationnel et représentent un risque potentiel.
Jusqu’à récemment, les investisseurs responsables estimaient que les entreprises avaient tendance à maximiser leurs bénéfices en respectant, au strict minimum, les exigences réglementaires. Ce type de vision à court terme est le résultat d’une application de la réglementation sur les émissions de carbone inefficace et insuffisante. Conscientes des risques induits par le changement climatique, certaines entreprises n’ont pas attendu que les régulateurs réagissent et selon les informations du CDP, plus de 1 000 entreprises appliquent déjà un prix interne du carbone ou se préparent à le faire en 2018.

La réduction des émissions de carbone soutiendrait la rentabilité à long terme

Lorsque le coût des émissions figure sur un compte de résultat, les investisseurs peuvent identifier les inefficacités et donc favoriser les entreprises qui tendent à réduire leurs émissions. En tant que telle, la stratégie d’investissement neutre en carbone de La Française tient compte de l’impact potentiel de la réduction des émissions de carbone sur la rentabilité à long terme. Dans la valorisation des entreprises, nous tenons compte des nouvelles réglementations qui établiront le prix d’une tonne d’émission carbone.

La question de la tarification du carbone a suscité l’intérêt du public comme moyen de réduire les émissions et d’allouer les investissements vers des solutions de remplacement « propres » et source d’économies d’énergie. Certaines entreprises ont déjà pris des mesures pour mettre en place un prix interne du carbone : LVMH a récemment relevé son prix interne du carbone à 30 € la tonne ; Adobe facture à chaque département les coûts liés à leur consommation d’énergie, afin de favoriser les projets efficaces en carbone, de réduire les coûts et d’atténuer les risques pour l’entreprise.

Associer l’efficacité et la transition carbone permettrait d’optimiser les rendements

Nous avons examiné dans quelle mesure l’évolution de l’empreinte carbone d’une entreprise peut être un indicateur prédictif des performances financières. À partir de la même méthodologie de construction de portefeuilles, nous avons constaté que les entreprises leaders dans la réduction de leur empreinte carbone d’une année sur l’autre, ont obtenu des performances nettement supérieures, avec un taux de rendement annualisé de 6,3 % et un ratio de Sharpe de 1,3 sur la même période.

La stratégie d’investissement neutre en carbone de La Française vise à identifier les entreprises qui font un effort de transition vers une économie décarbonée et qui, en raison de leur positionnement stratégique, seront en mesure de générer une surperformance financière à l’avenir.

Wal-Mart, entreprise avec une forte activité de logistique et de transport, cherche à réduire ses émissions afin d’atténuer l’impact négatif potentiel des coûts sur sa chaîne de valeur. En investissant dans la technologie pour réorganiser sa chaîne de valeur, Wal-Mart a lancé le « Projet Gigatonne » et a fixé un nouvel objectif de réduction des émissions d’une gigatonne d’ici à 2030. La société fait le pari stratégique de réduire ses émissions de telle manière que ses concurrents de plus petite taille ne pourront pas répliquer une telle initiative. Si Wal-Mart n’est pas le distributeur le plus efficace en carbone à l’heure actuelle, sa détermination à réduire ses propres émissions et celles de ses partenaires, en fait une entreprise leader de la transition énergétique.

De même, le commerce électronique et sa multitude de petites expéditions, doit trouver des solutions opérationnelles pour gérer le changement climatique. Les entreprises de logistique mettent en place des solutions de livraison plus efficaces, par l’adoption de véhicules propres et l’optimisation des trajets pour réduire les délais de transport. UPS, qui a réduit la distance parcourue par ses chauffeurs de 335 millions de kilomètres, a diminué de 210 000 tonnes ses émissions de carbone et a réalisé des économies de 400 millions USD par an (Source : 2016 UPS Corporate Sustainability Report).

Conclusion

À en juger par le succès du One Planet Summit, l’idée préconçue que les investisseurs ne tiennent pas compte des facteurs environnementaux dans leurs décisions d’investissement a été démentie. Ils commencent à réaliser que les entreprises qui ne réduisent pas leurs émissions feront face à un désavantage concurrentiel qui pourrait avoir un impact significatif sur leur valorisation.

Des initiatives pour faire évoluer la tarification du carbone telles que les « carbon pricing corridors » du CDP, servent déjà de références aux investisseurs qui cherchent à évaluer le risque climat sur la valeur de leurs actifs. Ces initiatives couplées à une plus grande transparence des entreprises se traduiront par des décisions d’investissement averties et devraient contribuer à générer de la surperformance pour les entreprises leaders en matière de réduction des émissions de carbone.

1 La simulation des performances passées n’est pas un indicateur fiable des résultats futurs. Il existe des risques associés aux investissements en actions qui peuvent comprendre notamment les risques de change, liés aux marchés actions, marchés émergents, fonds d’investissements, de gestion, de modèle de marché, de liquidité et opérationnels.

 

Rédigé par Arthur Fonck, gérant actions à La Française Inflection Point

 

 

 

 

Avertissement :

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