PERSPECTIVES

Défis et opportunités sur le marché des bureaux

06 octobre 2021

Par Pierre Schoeffler, Conseiller du Président du Groupe La Française et Philippe Depoux, Président de La Française Real Estate Managers

 

Que retiendra-t-on de l’année 2020 dans 10 ans ? La pandémie bien sûr mais aussi et surtout la formidable pénétration de la digitalisation dans les usages de consommation et de travail. Car, comme souvent, derrière toute grande crise se cache un événement structurant qui semble relativement anodin au premier regard. La crise financière des TIC (Nouvelle Technologies de l’Information et de la Communication) de 2001 a occulté l’entrée de la Chine dans l’OMC, catalyseur d’une puissante accélération de  la globalisation, et la crise financière globale de 2007 a occulté le lancement de l’iPhone, objet de communication devenu indispensable dans la vie de tous les jours pour des milliards d’individus. Le télétravail est un des marqueurs de cette digitalisation accélérée, il est facilité par l’évolution des modes de travail dans les entreprises depuis de nombreuses années, notamment le développement du management par projet et des structures d’organisation matricielles.

La diffusion du télétravail

Avant la crise, l’utilisation du travail était très variable selon les pays, les secteurs d’activité, les professions et les entreprises. Selon la DARES, au cours du confinement du printemps 2020, 25% des salariés en France ont été en situation de télétravail à temps plein alors qu’auparavant cette pratique ne concernait que 3 % des salariés et uniquement dans un cadre de télétravail partiel (au moins un jour par semaine). Cette révolution des pratiques de travail qui a nécessité la levée de nombreux freins culturels, techniques et réglementaires s’est déroulée en quelques semaines alors que les évolutions dans le monde du travail s’inscrivent normalement sur des décennies. Le monde économique a soudain compris l’ampleur de la transformation en cours quand l’INSEE a estimé que 40 % des emplois en France pourraient être effectués partiellement en télétravail. Une fois les mesures de confinement complétement et définitivement abandonnées, il est devenu évident que le télétravail n’allait pas revenir au niveau d’avant crise et qu’il allait s’imposer durablement comme un mode pérenne d’organisation et de pratique du travail.

A quelle vitesse se diffuse le télétravail « d’après crise » ? Rapidement semble-t-il. D’après Adecco, 12% des emplois en Europe sont en télétravail partiel mi-2021 contre 3% un an auparavant. Cette diffusion est très variable d’un pays à l’autre et d’un secteur à l’autre. Les pays du Nord de l’Europe sont culturellement plus enclins à développer cette pratique et c’est dans les professions très qualifiées des services à forte intensité de connaissances tels que les services professionnels ou liés aux TIC qu’il est le plus pratiqué. Il l’est moins dans les activités manufacturières et les services marchands à moindre intensité de connaissances, tels que le commerce de gros, de détail et les transports, ainsi que parmi les professions qui exigent une présence physique pour effectuer un grand nombre de tâches tels que le personnel soignant et les ouvriers de production. Le télétravail est malgré tout relativement fréquent dans certaines professions moyennement ou peu qualifiées, notamment les
agriculteurs qualifiés et les vendeurs ambulants. Finalement, un nouveau type d’inégalité sur le marché du travail nait de l’éligibilité ou non au télétravail selon les postes de travail.

 

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