La lettre de Xavier Lépine

Après la mondialisation, la démondialisation ?

Xavier Lépine
04 septembre 2019

Des signaux de plus en plus forts interrogent le modèle économique dominant des 30 dernières années : la mondialisation.

On peut les ranger en deux grandes familles : ceux ayant un lien direct avec la mondialisation et qui, pour simplifier, sont plutôt liés à ses conséquences sociales et aux évolutions technologiques, et ceux liés au réchauffement climatique.

Avec l’effondrement de l’Union Soviétique en 1991 et l’entrée de la Chine dix ans plus tard dans l’OMC, le monde est entré dans une phase intense de mondialisation où tout s’est progressivement organisé pour être « global » : les traités internationaux, les règlementations locales, les droits de douane, les marchés de capitaux, l’organisation des entreprises, la mobilité des personnes comme celle des biens ; ce phénomène s’est accéléré depuis quelques années sous l’impact de la technologie (digitalisation, big data, intelligence artificielle), phénomène qui n’en n’est qu’à ses débuts.

Les bénéfices de la mondialisation sont incontestables que ce soit en matière de progrès technologiques, de gains de productivité, de « confort » (santé, allongement de la durée de la vie, éducation, mode de vie), de baisse de prix relatifs pour les consommateurs et de capacité à sortir de la pauvreté plus d’un milliard d’habitants (reflété par l’Indice de Développement Humain de l’ONU).

Mais en bouleversant en même temps l’équilibre macro-économique et micro-économique des pays développés, le soutien de l’activité se traduit également par un impact négatif à très négatif sur les classes moyennes et basses.

La mondialisation est de fait économiquement efficace et en même temps très pénible ; une forte démondialisation serait tout aussi pénible mais, de plus, probablement inefficace.

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